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03/11/2007

déformer, pourquoi ?...

Les peintres de ma génération sont en lutte active, féconde, parfois décevante avec l'expressionnisme. A l'inverse des motivations libératrices des pionniers, il est difficile de peindre aujourd'hui sans se sentir obligé de produire de l'incongru, du fantastique dans son oeuvre. Il s'agit désormais d'un automatisme, d'un nouveau "canon". Pour s'en détacher quelques uns choisiront d'explorer l'atmosphère rassurante de l'abstraction géométrique. D'autres peindront en rejetant la peinture elle-même afin de mettre en avant un discours "pur" plutôt qu'une recherche plastique. Au milieu de tout ce mic-mac se distinguent aussi quelques peintres qui sont en réalité plus graphistes que plasticiens. Ceux qui produisent sur la toile ou le papier des déformations, fruits d'un long et véritable cheminement intellectuel, sont rares... pas facile de faire le distinguo pour le quidam...pas facile...

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Commentaires

Bonjour,

>> Les peintres de ma génération sont en lutte active, féconde, parfois décevante avec l'expressionnisme.

Ne s'agit-il pas plutôt d'une autre lutte ?
Le déclin de l'hégémonie de l'art rétinien avec, entre autres, la démarche de Marcel Duchamp, ne souligne-t-elle pas la vacuité d'une certaine forme d'expression picturale ?

Pourquoi avoir choisi comme medium principal le dessin, la peinture ? Pourquoi pas la photo, la vidéo, l'installation ou la performance ? [ce n'est pas une critique, juste une question]



>> A l'inverse des motivations libératrices des pionniers, il est difficile de peindre aujourd'hui sans se sentir obligé de produire de l'incongru, du fantastique dans son oeuvre.

Poétique. Voire onirique.
On peut considérer cet élan comme un courant ou une mode très tendance, notamment chez les moins de 35 ans.
Le fait est que le dessin précède l'écriture, quelque soit la culture de l'artiste,
donc, qu'on le veuille ou non, le dessin est lié à l'univers de l'enfance, à ses naives incongruités, un mélange de contes et digressions bienvenues; fort de son éducation, des ses acquis techniques, l'artiste ne fait que perpétuer ce geste premier.

Faut-il voir dans le travail des pionniers une motivation libératrice ?

Quels sont ces pionniers
et
dans quel contexte ont-ils oeuvré ?


>> Il s'agit désormais d'un automatisme, d'un nouveau "canon".

Il est possible que l'émergence des technologies dites nouvelles dans le domaine de l'art ait favorisé ce "retour aux sources" - par antagonisme.

Et peut-être aussi (surtout ?) parce que ces modes d'expression "froids et désincarnés" ont, dans un premier temps, échappé à bon nombre de commissaires et critiques, ces derniers ont-ils préféré se retirer sur des territoires déjà défrichés (mais pas totalement), entourant d'une bienveillance particulière (excessive ?) les fous du crayon.


>>Pour s'en détacher quelques uns choisiront d'explorer l'atmosphère rassurante de l'abstraction géométrique. D'autres peindront en rejetant la peinture elle-même afin de mettre en avant un discours "pur" plutôt qu'une recherche plastique.

Parce que nous avons 5 sens – parfois plus, mais c'est une autre histoire – nous ne pouvons pas nous contenter de n'en flatter qu'un seul.
L'abstraction appelle d'autres de nos facultés, le conceptuel également.

Que vaut la Forme pour la Forme ? [id.]

>>Au milieu de tout ce mic-mac se distinguent aussi quelques peintres qui sont en réalité plus graphistes que plasticiens.

>>Ceux qui produisent sur la toile ou le papier des déformations, fruits d'un long et véritable cheminement intellectuel, sont rares... pas facile de faire le distinguo pour le quidam...pas facile...

Pourquoi seulement sur la toile et le papier ?
Pourquoi s'enfermer ?

Écrit par : cf | 03/11/2007

>cf... merci infiniment pour votre commentaire.
La multitude de vos "rebonds" face à ma note me pousse à
prendre le temps d'y répondre :)... patience...

Écrit par : pixelités | 03/11/2007

>cf

>Bonjour,
> Les peintres de ma génération sont en lutte active, >féconde, parfois décevante avec l'expressionnisme.
>Ne s'agit-il pas plutôt d'une autre lutte ?
>Le déclin de l'hégémonie de l'art rétinien avec, entre >autres, la démarche de Marcel Duchamp, ne souligne-t-elle >pas la vacuité d'une certaine forme d'expression picturale ?


Imaginez que les peintres soient les clients d'une petite épicerie de village. Un matin, un énorme supermarché remplace leur petit magasin. Ils y entrent et découvrent qu'au lieu de manger des pommes de terres et de la soupe ils peuvent faire désormais une cuisine encore plus inventive avec une multitude de produits. Comble du luxe s'offrent à eux, pour le plaisir, des barres chocolatées et des sodas mutlicolores. Vont-ils pour autant devoir considérer inutile de continuer à se faire un plat de pommes de terre ?...

Pour moi il n'y a aucune vacuité à continuer à peindre en 2007. Par contre trouver un nouveau filon d'or dans cette mine déjà fortement exploité, la oui...c'est un sacré challenge.
Si l'art s'est enrichit énormément depuis un siècle, des traces de couleurs sur un support plan restent une forme d'expression fondamentale.


>Pourquoi avoir choisi comme medium principal le dessin, la >peinture ? Pourquoi pas la photo, la vidéo, l'installation ou >la performance ? [ce n'est pas une critique, juste une >question]

C'est viscérale pour moi. J'ai touché à tous ces médiums dont certains sont fascinants mais je suis toujours revenu au dessin. Je ne saurais trop dire pourquoi. C'est du ressort de la psychanalyse...




>A l'inverse des motivations libératrices des pionniers, il est >difficile de peindre aujourd'hui sans se sentir obligé de >produire de l'incongru, du fantastique dans son oeuvre.
>Poétique. Voire onirique.
>On peut considérer cet élan comme un courant ou une >mode très tendance, notamment chez les moins de 35 ans.

Complètement d'accord. Même si le mot "mode" me fiche des frissons quand on parle d'artistes...terrible et pourtant parfois vrai...brrr...


>Le fait est que le dessin précède l'écriture, quelque soit la >culture de l'artiste,
>donc, qu'on le veuille ou non, le dessin est lié à l'univers >de l'enfance, à ses naives incongruités, un mélange de >contes et digressions bienvenues; fort de son éducation, >des ses acquis techniques, l'artiste ne fait que perpétuer ce >geste premier.

Bien vu, c'est sûr... J'irais même jusqu'à dire que tout est déjà en soi. Qu'il me faudra combattre les inhibitions, apprendre à ouvrir les vannes tout le long de ma vie pour libérer ce qui était en fait, en moi, depuis la naissance...c'est une sensation absurde et bizarre j'en conviens mais bon, c'es ce que je ressens...



>Faut-il voir dans le travail des pionniers une motivation >libératrice ?
>Quels sont ces pionniers et dans quel contexte ont-ils >oeuvré ?
>> Il s'agit désormais d'un automatisme, d'un nouveau >"canon".
>Il est possible que l'émergence des technologies dites >nouvelles dans le domaine de l'art ait favorisé ce "retour >aux sources" - par antagonisme.
>Et peut-être aussi (surtout ?) parce que ces modes >d'expression "froids et désincarnés" ont, dans un premier >temps, échappé à bon nombre de commissaires et >critiques, ces derniers ont-ils préféré se retirer sur des >territoires déjà défrichés (mais pas totalement), entourant >d'une bienveillance particulière (excessive ?) les fous du >crayon.


là je ne suis pas sûr de bien vous comprendre... vous dites que le marché aurait par réaction poussé vers cette surabondance de déformations artificielles dans le dessin ?!?... ai-je bien compris ?.... si c'est cela, je n'en ai pas eu vraiment la sensation récemment...


>>Pour s'en détacher quelques uns choisiront d'explorer >l'atmosphère rassurante de l'abstraction géométrique. >D'autres peindront en rejetant la peinture elle-même afin >de mettre en avant un discours "pur" plutôt qu'une >recherche plastique.
>Parce que nous avons 5 sens – parfois plus, mais c'est une >autre histoire – nous ne pouvons pas nous contenter de >n'en flatter qu'un seul.
>L'abstraction appelle d'autres de nos facultés, le conceptuel >également.
>Que vaut la Forme pour la Forme ? [id.]


Bien sûr. Je voulais évoquer ici les choix de facilités empruntés pour éviter l'obstacle, pas la sincérité d'artistes explorant d'autres pistes que la figuration.
En tous cas, la forme dois être conduite par une reflexion mais si elle en devient esclave je crois que le peintre s'est alors fait prendre à son propre piège... c'est la sensation que j'ai parfois en regardant quelques toiles ou dessins vidés de toute âme et aux discours creux.


>>Au milieu de tout ce mic-mac se distinguent aussi >quelques peintres qui sont en réalité plus graphistes que >plasticiens. Ceux qui produisent sur la toile ou le papier >des déformations, fruits d'un long et véritable >cheminement intellectuel, sont rares... pas facile de faire le >distinguo pour le quidam...pas facile...
>Pourquoi seulement sur la toile et le papier ?
>Pourquoi s'enfermer ?

et pourquoi pas ?... touche à tout, bon à rien aussi ...;)
est-ce un enferment que de choisir un ou deux médiums ?...
A chaque artiste de se définir ses propres contraintes. Il y en a d'ailleurs toujours, même si l'on se persuade du contraire.Cela me fait penser à Morandi et son travail obsessionnel... je n'en suis pas à ce degré de "contraintes" mais cela me fascine...

encore merci pour votre commentaire :)

Écrit par : pixelités | 04/11/2007

à propos des cours de dessin et de l'orange…
Bien sûr, on ne dessine toujours qu'en parti ce que l'on voit, puisque de toute façon on ne le voit dans l'absolu jamais deux fois de la même façon, problème de stréoscopie, nos deux yeux nous émerveillent et nous trompent toujours, il faudrait une vision monoculaire avec une mise au point identique pour voir la même chose et encore la lumière aurait changée… du coup les gens ils savent, ça, inconsciemment et donc ne s'interessent pas seulement a ce qu'ils voit, mais aussi et surtour à ce que cela produit en eux… toutes chose est toujours un tremplin.
c'est pourqoi j'aime votre façon de travailler , vous saisissant de quelquechose et le poursuivant de fils en fils, d'idées en idées, de trais en trais, les images et les choses ne sont pas si différentes des idées.
Àbientôt, je passerai vous voir.Patrick Martin.

Écrit par : martin | 04/11/2007

@ Pixélités

Merci à vous pour toutes ces précisions.

...je vais encore ricocher...un petit peu...mais demain :)

Écrit par : cf | 05/11/2007

Bonjour,

Je crois, en effet, qu'une partie de la réponse du "Pourquoi encore dessiner aujourd'hui" est dans la pratique (dans l'art en géneral d'ailleurs) – mais il me semble difficile d'écarter définitivement les tentatives antérieures d'annihilation, d'évasion.
Ceci étant dit, de la contrainte – du medium – peuvent aussi naître parfois des choses très intéressantes.
Connaissez-vous l'OuPeinPo ?

Je me suis sans doute trop avancée quant aux raisons qui favoriseraient actuellement le renouveau du dessin. Je ne connais pas le marché (vilain mot) et peut-être me suis-je laisser emportée par le souvenir des quelques réflexions entendues ici et là.


Merci d'avoir pris le temps de répondre.
Je suis ravie d'en avoir appris d'avantage sur votre démarche.

Écrit par : cf | 05/11/2007

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