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28/10/2008

Picasso et les maîtres

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On peut légitimement se plaindre du manque d'éclectisme des grandes expositions en France. On peut remarquer aussi la fainéantise du "grand public" à aller voir autre chose que Picasso-Matisse, Picasso-Braque, Picasso-Delacroix..etc...etc... On peut regretter le manque d'expos de peintures contemporaines, d'initiatives et d'ambitions à ce sujet en Province. Bref on peut s'asseoir et pleurer en pensant à tout cela mais profiter dans le même temps de ce qui nous est proposé. C'est ce que j'ai fait dimanche en allant à Paris, au Grand Palais voir l'exposition Picasso et les maîtres. Une part de moi s'auto flagellait en se reprochant cette fainéantise à aller encore voir du Picasso, une autre frétillait d'impatience à l'idée de découvrir "in the real Life" des toiles de Manet, Cranach ou Poussin. La file d'attente m'a semblé interminable: 2h30 ! Le mal de dos et la faim ( j'entrais vers 12h30 dans l'expo ) se sont effacés instantanément à la vue des premières toiles. J'oubliais tout pour plonger dans plusieurs siècles de chefs-d’œuvre de peinture. Le Choc émotionnel survint d'abord avec la découverte d'un grand nombre de toiles de la dernière période de Picasso. J'en avais adoré les reproductions dans quelques livres mais les avoir devant soi fait toute la différence. Ce bonhomme a entre 80 et 92 ans lorsqu'il peint ces toiles ( quelques une monumentales )... quel humour, quelle énergie, quelle liberté !... C'est magnifique, j'ai pris une leçon de peinture, un remontage de bretelle phénoménale et j'en redemande !!... J'ai pu mieux comprendre pourquoi Picasso admirait Cranach dont la filiation est plus directe que je ne pensais avec Ingres dans le velouté du rendu des personnages. J'ai pu découvrir des toiles de Poussin extraordinaires notamment une présentant des faunes en pleines bacchanales. J'ai adoré également la version de Picasso de l'enlèvement des sabines d'un humour débridé ( je pense à un personnage central présentant un bonnet frigiens rouge qui domine toute la composition ). Seul bémol l'étonnante projection diapo toute minable dans un recoin de la toile de Vélasquez ( apparemment intransportable ) des Ménines et surtout la médiocre qualité d'impression du catalogue de l'exposition ( qu'on ne vienne pas me dire que c'est une question de coût, le type qui a scanné les photos des peintures à fait un travail de cochon - il devrait être écorché vif, enchaîné et noyé dans la seine celui la ). Mais bon, ce sont des détails sans grande importance comparé aux plaisirs, aux chocs émotionnels que j'ai eus. C'est pour moi la plus intense exposition que j'ai visité en France depuis celle de Beuys à Beaubourg en 1996 ( ça date, il était temps ! ). Alors si j'ai un conseil à vous donner c'est de préparer vos sandwichs ( pour l'attente ) et de courir au Grand Palais voir ça. On est pas près d'en avoir une aussi belle avant longtemps !...

Commentaires

Si ce n'était pas la distance j'y serais demain!

Écrit par : hfm | 28/10/2008

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