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27/08/2010

Texte de Virginia sur la toile de françois Glineur " la jeune femme et le perroquet"...

 

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Dans un pêle-mêle kaléidoscopique de couleurs, on entre dans un monde sauvage qui nous plonge directement dans un univers fauve.
Les dominances rousses et le loup sont les témoins de cette jolie référence au fauvisme. On se retrouve dans une jungle où se côtoient l’homme et la bête. Sept personnages, voir huit si on compte doublement la femme, viennent animer l’œuvre.
Le personnage de premier plan sur la gauche, nous l’appellerons « l’homme allongé » est endormi et rêveur ou en tout cas semble perdu dans ses songes.
Face à lui sur le même plan une petite tortue tachetée de rose lui fait signe. Symbole de la sagesse et de la lenteur, elle vient contrecarrer l’esprit bestial, voir primaire des autres espèces animales. ( le perroquet, le loup, le singe…). La tortue est d’ailleurs placée non loin de la femme comme si elle précisait que « l’amour » était d’autant plus cérébral comme pensé et pesé, du côté de la femme.
Au dessus de l’homme allongé, un perroquet à chapeau pointu trône dans un cadre rose. Ce perroquet, comme tous les oiseaux chez Glineur est une référence à la sexualité, et plus largement les amoureux, à l’amour.
Le chapeau du perroquet est en fait la sous la couche rose, une partie de la main de la femme qui tend le bras droit vers l’homme allongé.
De fait le perroquet se trouve être le point qui relie la pensée de l’homme allongé à la femme.
De là, on peut interpréter le fait que l’homme allongé rêve d’une femme.
Une femme qu’il se peint dans l’espace de ses songes. Car peut être fait il souvent :
[ce rêve étrange et pénétrant,
d’une femme inconnue, et qu’il aime et qui elle l’aime
Et qui n’est, chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre
et qui l’aime et le comprend].
Et il est troublant de voir les résonnances qu’il existe entre ce tableau et le poème de Paul Verlaine : « Mon rêve familier ».
Aussi vais-je me permettre de le citer ci-joint afin de poursuivre mon interprétation de cette œuvre (j’ai pris soin de noter en bleu les passages qui font particulièrement écho à la peinture…) ; et laisser chacun retrouver dans la peinture ces résonnances dont il est question.
Mon Rêve Familier
Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue que j’aime et qui m’aime,
Et qui n’est chaque fois, ni tout à fait la même, ni tout à fait une autre
Et m’aime et me comprend.
Car elle me comprend et mon cœur transparent
Pour elle seule, hélas! Cesse d’être un problème
Pour elle seule et les moiteurs de son front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.
Est-elle brune, blonde ou rousse ? Je l’ignore.
Son nom ? Je me souviens qu’il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la vie exila.
Son regard est pareil au regard des statues,
Et pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
l’inflexion des voix chères qui se sont tues.
La femme peinte ici a un aspect spectral, tout d’abord elle est transparente et le blanc ne l’habille que d’un côté. Tantôt se face, tantôt de ¾ , elle est une image qui s’anime et qui n’est reliée à l’homme allongé que par le biais de son bras tendu vers le perroquet.
Le choix de l’oiseau exotique et du singe semblent être un joli clin d’œil au tableau de Rousseau qui se nomme « Le Rêve ». Dans cette œuvre on est non seulement en plein fauvisme mais aussi en pleine forêt tropicale comme a pu en peindre le Douanier Rousseau.
Le visage de face de cette femme est méconnaissable et renforce l’idée d’une femme inconnue, d’une femme objet du désir amoureux et des songes.
Son profil, blafard et non souriant peut évoquer chez nous la posture d’une statut antique, un peu maléfique un peu mystérieuse, comme la Vénus d’Ille de Prospère Mérimée.
On peut même pousser la réflexion en se demandant si la femme n’est pas représentée ici, comme la figure biblique, fascinante et maléfique qui corrompt l’homme dans des pensées impures…
En arrière plan, un homme assis de face et très souriant, regarde la scène. Il nous observe finalement nous spectateur au-delà de la scène du tableau que nous regardons toutes et tous.
Cet homme en dehors de la scène semble, tel un sage regarder la scène avec beaucoup d’amusement et se poser là comme témoin privilégié de cette dernière.
Peut être sait il déjà que, la pensée amoureuse de l’homme est une jungle.
l s’amuserait de toute cette ménagerie/animation joyeuse…kaléidoscope du désir, une couleur par ci, un ton de couleur par là, je t’observe, t’admire puis t’agite de nouveau et te ré admire encore et encore…toi la femme de mes rêves.
On peut conclure en disant que cette œuvre est le superbe témoignage d’une dévotion intime et secrète que porte tout homme envers la femme qu’il aime dans le secret de son cœur.

Virginia Payen.

 

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